banner












  • Subscribe to our e-letters



  • Facebook_icon


The Times Stephen Spender Prize 2010

Open category, commended

Read the judges’ comments
To obtain the free booklet of winning entries and commentaries,
please email: info@stephenspender.org


A. C. Clarke

ROOM WI’ TWA NEBS (The Double Room)
by Charles Baudelaire


Ah’m in a room, a sonsie room,
nae breith o’ wind: saft colours soom
afair ma een – a blae-pink gloam
that’s ful o’ pace.
Ah lit ma idle fancy roam
oot o’ this place.

Ah’m in a dwam, nae wull at all
nae mair than thon saft cheers that sprawl
kivvered wi’ claiths that min’ th’ sawl
of flooers an’ sky,
an’ nae a paintin oan the wall
tae turn ma ee.

Fur airt oan canvas is tae drame
nae better than a scunnerin’ sham.
Sic parfumes cowdle roon th’ room
as blumes exhale.
Afair ma een th’ windies teem
wi’ billowin’ swell

o’ muslin hingers. Roon th’ bed
they fa’ like snae – an’ wha has spreed
hir ferlie shap a’ unperceived
upo’ th’ pillaes?
Hir een ur deip as pools o’ dreid
an’ fu’ o’ malice –

Ah ken her weel, she rules ma sowl
wi’ dree an’ joy. Ma hairt is full
tae see her liggin in ma sattle,
ma fleysome dearie.
Tae this pure drame, ma ‘life’ is dull
an’ uncou’ dreary.

Whit’s this? A girt chap oan the door
wad mak it rive. An wha stonds theer?
A dunnin’ factor, whingin’ hoor
or printer’s divil.
An’ ma sweit vision’s fled elsewheer
at thochts uncivil.

Och! Noo Ah min’ this room tay weel
its clairty windies an’ the smell
o’ foost an’ baccy. This is hell
nocht paradise!
The onie thing tae mak me smile
is the sweit lies

that laudanum tells, fur Time is back
wi’ a’ his fearfu’ train. Th’ clock
beats oot his biddin wi’ each tick
an’ ca’s tae me
‘Git movin’ cuddie, nae mair gaik.
ma whang is reddy

tae whup ye oan, danged sclave ye air
wha’s muckle waes mak ye hert-sair,
fur Ah am life that nane can bear
nae nane mak stell –
gin that wan mament ye maist fear.
Jouk to ma wull!’

Translated from the French by A. C. Clarke
top


La Chambre Double


Une chambre qui ressemble à une rêverie, une chambre véritablement spirituelle, où l’atmosphère stagnante est légèrement teintée de rose et de bleu.
    L’âme y prend un bain de paresse, aromatisé par le regret et le désir. – C’est quelque chose de crépusculaire, de bleuâtre et de rosâtre; un rêve de volupté pendant une éclipse.
     Les meubles ont des formes allongées, prostrées, alanguies. Les meubles ont l’air de rêver; on les dirait doués d’une vie somnambulique, comme le végétal et le minéral. Les étoffes parlent une langue muette, comme les fleurs, comme les ciels, comme les soleils couchants.
     Sur les murs nulle abomination artistique. Relativement au rêve pur, à l’impression non analysée, l’art défini, l’art positif est un blasphème. Ici, tout a la suffisante clarté et la délicieuse obscurité de l’harmonie.
     Une senteur infinitésimale du choix le plus exquis, à laquelle se mêle une très légère humidité, nage dans cette atmosphère, où l’esprit sommeillant est bercé par des sensations de serre chaude.
     La mousseline pleut abondamment devant les fenêtres et devant le lit; elle s’épanche en cascades neigeuses. Sur ce lit est couchée l’Idole, la souveraine des rêves. Mais comment est-elle ici? Qui l’a amenée? quel pouvoir magique l’a installée sur ce trône de rêverie et de volupté? Qu’importe? la voilà! je la reconnais.
     Voilà bien ces yeux dont la flamme traverse le crépuscule; ces subtiles et terribles mirettes, que je reconnais à leur effrayante malice! Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regard de l’imprudent qui les contemple. Je les ai souvent étudiées, ces étoiles noires qui commandent la curiosité et l’admiration.
     A quel démon bienveillant dois-je d’être ainsi entouré de mystère, de silence, de paix et de parfums? O béatitude! ce que nous nommons généralement la vie, même dans son expansion la plus heureuse, n’a rien de commun avec cette vie suprême dont j’ai maintenant connaissance et que je savoure minute par minute, seconde par seconde!
     Non! il n’est plus de minutes, il n’est plus de secondes! Le temps a disparu; c’est l’Eternité qui règne, une éternité de délices!
     Mais un coup terrible, lourd, a retenti à la porte, et, comme dans les rêves infernaux, il m’a semblé que je recevais un coup de pioche dans l’estomac.
     Et puis un Spectre est entré. C’est un huissier qui vient me torturer au nom de la loi; une infâme concubine qui vient crier misère et ajouter les trivialités de sa vie aux douleurs de la mienne; ou bien le saute-ruisseau d’un directeur de journal qui réclame la suite du manuscrit.
     La chambre paradisiaque, l’idole, la souveraine des rêves, la Sylphide, comme disait le grand René, toute cette magie a disparu au coup brutal frappé par le Spectre.
     Horreur! je me souviens! je me souviens! Oui! ce taudis, ce séjour de l’éternel ennui, est bien le mien. Voici les meubles sots, poudreux, écornés; la cheminée sans flamme et sans braise, souillée de crachats; les tristes fenêtres où la pluie a tracé des sillons dans la poussière; les manuscrits, raturés ou incomplets; l’almanach où le crayon a marqué les dates sinistres!
     Et ce parfum d’un autre monde, dont je m’enivrais avec une sensibilité perfectionnée, hélas! il est remplacé par une fétide odeur de tabac mêlée à je ne sais quelle nauséabonde moisissure. On respire ici maintenant le ranci de la désolation.
     Dans ce monde étroit, mais si plein de dégoût, un seul objet connu me sourit: la fiole de laudanum; une vieille et terrible amie; comme toutes les amies, hélas! féconde en caresses et en traîtrises.
     Oh! oui! Le Temps a reparu; Le Temps règne en souverain maintenant; et avec le hideux vieillard est revenu tout son démoniaque cortège de Souvenirs, de Regrets, de Spasmes, de Peurs, d’Angoisses, de Cauchemars, de Colères et de Névroses.
     Je vous assure que les secondes maintenant sont fortement et solennellement accentuées, et chacune, en jaillissant de la pendule, dit: – ‘Je suis la Vie, l’insupportable, l’implacable Vie!’
     Il n’y a qu’une Seconde dans la vie humaine qui ait mission d’annoncer une bonne nouvelle, la bonne nouvelle qui cause à chacun une inexplicable peur.
     Oui! le Temps règne; il a repris sa brutale dictature. Et il me pousse, comme si j’étais un boeuf, avec son double aiguillon. – ‘Et hue donc! bourrique! Sue donc, esclave! Vis donc, damné!’

Charles Baudelaire
top


Translation commentary


I translated this prose poem after being commissioned with other poets to ‘corrupt’ a French poem of my choice for an event at the Alliance Française in Glasgow this spring. It was briefly scrawled on the walls of a room there, but I hope this temporary ‘publication’ does not debar it from being considered.

I had already completed a translation of all Baudelaire’s Petits Poèmes en Prose but had found it difficult to render Baudelaire in English prose and achieve a natural-sounding language which reflected the carefully modulated sound patterns of the original. French often sounds precious when translated with any fidelity into English. I found that translating the prose into verse, contradictory as that sounds, was sometimes more effective.

I had already encountered translations of Baudelaire (not the prose poems) into Scots and thought this was one way to solve the problem. The permission to ‘corrupt’ allowed me to experiment. Scots is not my native language and the chosen vehicle, the Burns stanza (in tribute to the 250th anniversary of Burns’ birth), not an obvious one to use for a prose poem. In making the translation the nuances (and repetitions) of the original have been sacrificed, but I hope that a certain black humour has been preserved, which can get lost in over-earnest translations, and that the organisation of the piece around the pivotal rap on the door has been highlighted through the verse-form.

Baudelaire’s wonderful litany of human ills consequent on Time has been shrunk to a ‘fearfu’ train’. But in English it can sound both shrill and stagey: English does not love polysyllables as much as French does. The earthier Scots may be truer to the tone of the original.

A. C. Clarke
top